Squelette de papier

C’est possible qu’après les fêtes de Noël vous ayez reçu une enveloppe bien épaisse d’un membre friqué de votre famille. Ça arrive. Ne sachant pas quoi faire de tout cet argent, et lorgnant déjà sur ces ridicules cruiser skate de hipsters de 40kgs, ou sur les dernières New Balance, je vous propose une solution, qui à mon sens, sera bien mieux pour vous.

Si vous aimez le Street art, soit par effet de mode, ou soit par réelle passion, vous avez certainement déjà croisé les fresques d’Alexis Diaz. Ce mec portoricain a imposé son style massif et impressionnant, dans les grandes villes de ce monde : Paris, Londres, Vienne et Bratislava. Il en reste un paquet d’autres cependant. Oubliez l’image de l’artiste avec sa petite bombe de peinture ou avec ses pinceaux explosés, la petitesse est l’ennemie de Mr. Diaz. En dessous d’un projet de 4x10m le mec ne te regarde même pas dans les yeux. Artiste monumental donc, il puise son inspiration dans un univers commun à de nombreux graphistes : Iain MacArthur, Johnny Crap ou encore Yaia. Créatures mystiques, monstres imaginaires et délires anthropomorphiques, l’artiste explore un monde sans fin, où le réel se mélange avec grâce à l’imaginaire autour de thèmes récurrents, comme la violence, la bestialité, la mort, la délicatesse et la poésie.

Pour Alexis Diaz son atelier d’artiste il le déplace dans la rue, entre un feu rouge et une borne à incendie, quand ce n’est pas sur une benne à ordures pour peindre sur un immeuble. A la manière des peintres impressionnistes, il n’emporte que le nécessaire et de façon organisée : tout est bien rangé, et aucun désordre ne vient perturber son travail. Comme on peut le voir sur quelques vidéos You tube, il peint généralement seul, au milieu des passants sans trop se poser de questions. Fracturant le paysage urbain et pulvérisant la banalité, il apporte une touche de fraîcheur incroyablement sympathique autour de ses visuels ; à la fois tentation pour le marché de l’art et, plaisir gratuit pour les passants, il joue avec brio sur les deux tableaux. Car, pour vivre de son art il faut vendre, et ce n’est pas nouveau. Proposant des visuels, des tirages limités en grands formats aux galeries du monde entier, il a pu se financer par ce moyen très lucratif que représente le marché du Street art à notre époque. Tout le monde en veut, à n’importe quel prix. Pourtant avec son dernier projet, Alexis Diaz prend ce marché si tentaculaire à contre- pied, en décidant de vendre à des particuliers sur un e-shop, des sérigraphies d’un de ses visuels pour moins de 200 euros, le tout en tirage limité, numéroté et signé de sa main.

Intitulée The Cage, ce visuel représente en un coup d’œil, le savoir faire et la signature graphique de l’artiste, en étant une reprise réduite d’une de ses fresques gigantesques. Comment mêler de façon harmonieuse un poulpe, un squelette, une murène et un brochet ? Avec comme limite un cadre bleu ? « No problemo » selon Diaz, il nous donne une leçon de mise en page et de maîtrise du dessin, le tout dans un format beaucoup plus short : 60x80cm. Encensé à l’Art Basel de Miami il y a peu de temps, il est amené à devenir un ponte du Street-art sous peu ; alors autant faire d’une pierre-deux coups en capitalisant, pour pas cher, sur un artiste de renommée mondiale et, en améliorant la décoration de son appartement qui est franchement moyenne. Qui garde encore une affiche de Pulp Fiction dans son salon en 2014 ?

Je vous laisse naviguer sur son site ici pour le plaisir des yeux.
Son e-shop est
Début de la vente le 30 décembre ! Enjoy !

Crédits photographiques : Alexis Diaz / Be street

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