Studio Monarc : Les vraies nuances de Grey

On ne dirait pas que l’on est sur le site d’un collectif de tatoueurs, on croirait errer dans la galerie des antiques du Louvre ou aux Offices à Florence. Les bustes romains avec leurs regards distants et froids, ces lourds cheveux de pierre dégageant des visages taillés à la serpe, et ce marbre noir veiné de blanc qui n’est pas une imitation moderne, mais de véritable pièces venant des carrières de Belgique, apportent une touche de mystère et de beauté étrange.

Lassés par les couleurs criardes et fluo, nous voilà dans un univers de noir, de blanc et de gris. Fini le tape à l’œil bling-bling et faussement gangster des salons de tatouages nord- américains. Voici le summum de la classe, l’apothéose visuelle d’hédonistes et d’esthètes qui exercent directement sous l’œil vigilant d’Apollon. Trop pompeux selon-vous ? Comment ne pas être fasciné par cette fusion réussie du classicisme le plus académique de la sculpture antique, et de la créativité débridée du tatouage, ce mélange improbable et souvent raté de l’ancien et du moderne. Chez eux, les piles de livres sur Phidias, Praxitèle et Polydore côtoient sans honte les catalogues de peinture de la Renaissance des grands musées européens ; c’est pour vous dire le niveau. Pas de risque de tomber sur un magazine un peu chaud ou sur un pot d’échappement démonté, n’oubliez pas que vous êtes dans un espace qui va au-delà de la propreté chirurgicale, et qui est à la limite de la chambre stérile. Le tatoueur est en pleine séance et, votre smartphone est déchargé ? Aucun problème, choisissez votre adversaire parmi les clients ou les membres de l’équipe, et pariez votre Rolex sur une partie d’échecs, en face à face, sur des fauteuils cousus en Italie. Si vous n’êtes pas d’humeur, parcourez les nombreux ouvrages disponibles sur les étagères pour enrichir votre culture générale, en attendant que l’on finisse d’encrer la statue de Platon sur votre épaule …Travaillant le modelé des corps et les ombrages à la perfection, ils reproduisent presque à chaque intervention, le mythe de Zeuxis l’inventeur du trompe l’œil, et sans utiliser autre chose qu’un dégradé des couleurs les plus sombres de la palette chromatique.

Derrière le marbre et la beauté glaciale des lieux il y a un homme, Jun Cha, qui est LE pistolet encreur du salon, le taulier en somme. Cet homme est partout, dans tous les musées, toutes les collections et tous les lieux où l’art devient religieux et mythologique, là où le visage des dieux est taillé dans la pierre la plus pure. Il affine, retrace, corrige parfois les œuvres des Anciens pour les adapter au corps humain. Ce n’est pas juste une transposition d’image, c’est le choix de prendre le meilleur dans l’histoire de l’art, et d’en faire une composition moderne, en ajoutant d’autres éléments (figures, éléments architecturaux, symboles etc..) pour donner un rendu unique à son propriétaire. Il est aussi au centre de l’exposition organisée à la Pop Up Gallery de Los Angeles, pour diffuser ses travaux et ceux du Studio Monarc, en collaboration avec The Social Trust, véritable référence en matière de lifestyle. Les visuels de l’exposition sont à découvrir sur le site de The Hundreds si vous voulez poursuivre l’expérience.

Franchissez donc le pas en explorant le site du Studio Monarc pour un shoot d’esthétisme pur et pour les passionnés, sachez que le studio va recruter, à suivre donc.

Site du Studio Monarc
Visuels de l’exposition
Instagram de Jun Cha

Crédits photographiques : Studio Monarc / Jun Cha / The Social Trust / The Hundreds.

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