Terre promise, Centaurus (tome 1) – Zoran Janjetov, Léo & Rodolphe (2015)

Entre Interstellar de Christopher Nolan et On a voyagé sur la lune de Hergé, voici Terre Promise de Rodolphe, Léo et Rodolphe. Ces trois poids lourds du monde de la BD s’allient pour nous raconter une histoire de science-fiction classique, qui ne bouleverse pas les codes du genre, mais fait juste ce qu’il faut pour donner envie de lire la suite.

L’humanité a quitté la terre devenue inhabitable il y a de nombreuses années. Vingt générations se succèdent à bord du vaisseau-monde, et les actuels voyageurs ne savent pas qu’ils traversent l’espace : la fuite de la Terre est gardée secrète, et le pouvoir en place fait tout pour cacher la vérité. Ils arrivent enfin aux abords de la planète qu’ils observent depuis longtemps et qui, selon leurs données, devrait être habitable : Véra. Un petit groupe de personnes est sélectionné pour aller découvrir ce nouveau monde. Parmi elles se trouvent Joy et June, des sœurs jumelles possédant un pouvoir assez particulier : l’une est aveugle mais parvient à voir au travers des yeux de sa sœur, qu’elle ne quitte jamais. Ils atterrissent sur cette nouvelle planète pour découvrir un monde semblable à la terre du Jurassique. Et il semblerait qu’elle ne soit pas tout à fait exempte de civilisation …

Un pitch intriguant pour cette BD de science-fiction qui débute, avec ce premier tome, une série dotée d’un certain potentiel. Si vous n’êtes pas le plus grand amateur du genre, rassurez-vous car l’histoire est suffisamment bien pensée pour intéresser une large audience. En plus d’un voyage à travers les étoiles, les auteurs introduisent suspense et mystère : est-ce que cette nouvelle planète est habitée ? Si oui, comment faire face à cette civilisation éventuellement hostile ? Quel est l’étrange pouvoir de ces deux sœurs ? Et est-ce que Joy a vraiment vu quelque chose bouger dans ce temple ? Mystère et boule de gomme …

L’œuvre souffre néanmoins de défauts qui nuisent au plaisir du lecteur : le plus immédiat ce sont les dessins. Ils sont assez brouillons, et ne sont efficaces ni pour esquisser les visages, ni pour révéler de beaux décors. De plus, le traitement des ombres est déroutant, presque dérangeant. Un autre point noir vient des personnages qui sont tout simplement sans intérêt : peut-être seront-ils plus étoffés par la suite, mais pour le moment, on a peine à se souvenir de leur personnalité, tant elles sont secondaires. Il faut toujours leur accorder de l’importance : les meilleures histoires ont les meilleurs personnages (Preacher mes amis, prenez toujours Preacher comme référence). L’univers peut être aussi grand et imaginatif que possible, il n’est là que pour abriter des gens, des hommes et femmes qui vont construire l’histoire. Si tu es un mangaka, auteur, dessinateur en herbe, prends le temps de créer des êtres crédibles et attachants, et tu auras peut-être le droit à une super critique de notre part. Blague à part, la BD est prometteuse, bien qu’encore un peu fragile à certains niveaux.

L’univers de la BD est assez restreint puisqu’il se résume à quelques milliers de personnes, un grand vaisseau et peu de personnages centraux. Si l’on ajoute à cela que l’équipe découvre à peine Véra, toute l’intrigue est basée sur une accumulation de questions. Ce premier opus, comme beaucoup d’autres, est une porte ouverte vers un univers qui commence tout juste à se mettre en place. Beaucoup d’informations sont à prendre en compte dans l’attente de la suite, qui devrait être sympathique si l’on se base sur la capacité des auteurs à construire une atmosphère emplie de mystère.

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