The Rongetz Foundation ou la leçon de groove

Qu’on se le dise tout de suite, depuis Jésus parmi les vivants, la mission Apollo 11 sur notre chère planète bleue ou encore Zidane pour la Coupe du Monde 2006, rarement un comeback n’a été aussi attendu que celui de la Rongetz Foundation. C’est désormais chose faite. Après trois ans d’absence, Stéphane Ronget et ses acolytes sont de retour avec “Kiss kiss double jab“, une nouvelle référence pour le jazz urbain.

Petit retour en arrière. Nous sommes en fin d’année 2012. Expatrié à New York depuis plusieurs années, Stéphane Ronget, diplômé du Conservatoire de Lyon, s’entoure de pointures du jazz telles que Gregory Porter, Ronnie Cuber, Renee Neufville ou John Robinson. Rien que ça. Le résultat est sublime et l’album “Brooklyn Butterfly Session” voit le jour marqué d’une auréole divine.
Puis, près de trois années après, le 2 février 2015 plus précisément, le bonhomme décide de nous montrer qu’il n’a rien perdu de son génie et nous sort l’addictif “Kiss kiss double jab” : un nouveau délire musical dans lequel on retrouve comme complices la voix de Lili Cooper, le trombone de Steve Turre et le saxophone du divin (et encore, le mot est faible) Gary Bartz qui faisait partie de l’aventure du Septet de Miles Davis. Et, comme le talent ne connait pas la démesure, on y entend également le percussionniste Ze Mauricio, la poète du Black Arts Movement, Sonia Sanchez, le batteur Corey Fonville ou encore Luques Curtis à la basse, et les noms continuent à s’accumuler à perte de vue.

Si coucher les grands noms du jazz new-yorkais sur le papier, ça en impose, encore faut-il savoir articuler leurs génies en un ensemble qui soit à la hauteur de la réputation et du talent de chacun. C’est là que Stéphane Ronget et sa Rongetz Foundation nous donnent une leçon de groove. Les douze productions de ce nouvel album glissent dans vos oreilles pour vous inonder de « Beau » au rythme d’un jazz urbain maîtrisé à la perfection. On ressent également, par moments, les influences du hip-hop old school de la ville-qui-ne-dort-jamais, mais aussi de la soul, grâce à la voix de Lilli Cooper, et enfin de la musique électronique. La cerise sur le gâteau : le leader français et sa bande new-yorkaise se sont retrouvés pour des sessions live afin d’enregistrer ce nouvel opus. L’ensemble donne un résultat sans raté, sans syndrome de l’hyperbole, qui peut parfois toucher les “big band“. Une énorme piqûre de groove dont vous pourrez difficilement vous passer.

Sorti sur le très bon label Heavenly Sweetness, basé à Paris, “Kiss kiss double jab” s’impose déjà comme l’une des productions de l’année 2015 tant par sa capacité, morceau après morceau, à proposer un jazz de qualité, que par son groove hors du commun. Des albums comme celui-ci, on n’en demande pas tous les deux ans et demi. Non ! On en demande tous les jours, à chaque instant. N’hésitez pas à chopper par tous les moyens (légaux) cette nouvelle perle. Les dieux de la musique vous le rendront !

Photo : Stéphane Ronget

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