Tiens, il parait que Fleur Pellerin était ministre de la Culture

Retour sur l’éviction de l’ex-ministre de la culture. 

Vous en avez forcément fait l’expérience au cours de votre existence. Vous savez, ce moment où tout le monde autour de vous parle avec passion d’une personne que vous ne connaissez pas. Tenez par exemple, lorsque vous étiez nouveau dans votre lycée, et que toute votre classe se liquéfiait en apprenant que vous aviez madame Grimbert (toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite), en maths. Ou encore, quand étant enfant, au 20h, vous appreniez la mort d’un cinéaste, ou d’un acteur, qui pour vous était aussi inconnu que l’habitant de la province de Pékin, alors que vos parents, eux, se remémoraient déjà les films marquants de cet artiste. Vous visualisez un peu mieux la situation ? Bon, très bien. Hier, Fleur Pellerin a perdu son trône au ministère de la Culture. Nous avons ressenti cette même sensation, au moment de l’annonce.

Dans l’après-midi, pourtant, Fleur se déclarait « confiante » et rôdée à ce genre de moments d’effervescence que sont les remaniements ministériels. Toutefois, la tribu « Gouvernement » a décidé de l’éliminer et leur sentence est irrévocable. Fleur a donc pris son flambeau et s’en est allée. Elle aurait pu crier « POURQUOI ?! […] EDUCATION DE MERDE ! AUCUN HONNEUR », comme l’avait fait Moundir, il y a quelques années, dans Koh-Lanta, mais encore aurait-il fallu qu’elle connaisse le bonhomme, elle qui n’avait déjà pas le temps de lire… 

Car, voilà, la culture, qu’elle soit générale, populaire ou élitiste, a terriblement manqué à la ministre de la… Culture. On ne reviendra pas sur l’épisode Modiano qui est assez affligeant comme ça. Mais, il est le symbole d’un passage raté. On ne veut pas accabler madame Pellerin sur les actions, étant donné que depuis Jack Lang rien de vraiment nouveau et enthousiasmant n’a vu le jour par l’intermédiaire du ministère. Cependant, on a clairement senti la ministre en perdition dès qu’il fallait parler de la culture. On veut dire, vraiment parler de la culture, pas faire de la politique. Par exemple, sur Zahia à la FIAC ou sur McCarthy, place Vendôme, on ne demandait pas un avis personnel, on ne voulait pas savoir si elle aimait ou non ces œuvres, mais bel et bien qu’elle lance une réflexion sur l’art, et sur l’art contemporain, plus particulièrement, ses bienfaits et, parfois, ses dérives.

On se souvient aussi de son intervention sur I-Télé, quelques secondes après l’annonce de la mort de David Bowie. La platitude, la banalité des paroles prononcées alors… Certes, elle a dû improviser sur le moment. Mais bon, quand on est ministre de la Culture on ne devrait pas avoir besoin de réviser pendant deux heures les fiches de ses conseillers, pour parler de David Bowie. 

On en restera là, et c’est déjà pas mal. On pourra juste regretter qu’un ministère aussi beau et important que celui de la Culture soit devenu, depuis bien longtemps, un endroit où placer les amis, un endroit où l’on fait plus de politique que d’action culturelle. Cependant, comme on est sympas, on veut finir sur du positif en vous rappelant « la » bonne proposition de Fleur Pellerin durant son passage : demander à Michel Hazanavicius un troisième OSS 117. Bon ok, c’est maigre…

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