Tokyo par Liam Wong, entre peinture et photographie

Il y a dans le Tokyo de Liam Wong, graphiste chez Ubisoft, un goût de cinéma. Enter The Void, Lost in Translation, le spectateur occidental se retrouve perdu quand son regard s’échappe dans les allées ruisselantes de pluie, et couvertes d’enseignes lumineuses. Futuristes et traditionnelles, ces rues de la ville nipponne font ressortir un côté chimique et psychédélique, où les sens s’éveillent un à un. On croit percevoir l’odeur de la pluie sur le goudron, le bruit des klaxons et le parfum des micro-restaurants devant ces simples clichés.

Cette série de photographies est comme un trip sensoriel, qui va au-delà de la simple perception de l’image. L’humain s’efface pour faire place à une masse colorée et anonyme, il n’est plus l’acteur principal du scénario de Liam Wong, il est absorbé par la ville, par cette Tokyo mystérieuse et théâtrale. 

Dans les photographies de l’artiste, on retrouve des traces de Van Gogh, d’Edward Hopper avec toute une gamme de traitements de la lumière. Ce Tokyo des noctambules n’est pas si loin de l’ambiance des collines d’Arles, avec les reflets bleu roi, les terrains mauves et les auréoles d’étoiles remplacées ici par des réclames clignotantes. La solitude des personnages, quant à elle, renvoie aux tableaux d’Hopper, à ce faux désert urbain où l’isolement règne en maître, et où les individus sont comme des corps célestes, traversant sans s’arrêter les rues trempées où se reflète un ciel artificiel. 

Voilà.

L’Instagram du graphiste

Crédits : Zeutch/Liam Wong

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