Trois ans de travaux plus tard et voilà le nouveau musée Rodin

Depuis le 12 novembre, le Musée Rodin a ré-ouvert ses portes au sein de l’hôtel Biron après trois années de travaux. Comme on adore vous gâter, nous y sommes allés et on va tout vous raconter…

Artctualité-musée rodin extérieur

© Photo Jérôme Manoukian. Courtesy Agence Photographique du Musée Rodin

Le magnifique hôtel particulier du XVIIIème siècle, chargé d’histoire et qui abrite depuis 1919 le musée Rodin, a nécessité d’importants travaux de réaménagement et de mise aux normes, qui ont duré trois ans et dont le maître mot fut « l’accessibilité ».

Un musée comme neuf

Véritable écrin de la création du sculpteur depuis 1919, l’hôtel Biron avait bien besoin d’un petit coup de jeune. La restauration s’est donc articulée autour de la rénovation des salles d’exposition, de toute la muséographie du musée avec un circuit très fluide et continu, de l’ouverture de nouveaux espaces de visite et aussi la mise aux normes d’accessibilité, avec la création d’un ascenseur, de toilettes (si, si ! On nous les a même montrés !), de sécurité incendie, et de la préservation du patrimoine architectural. Trois ans de travaux on vous dit… c’est pas pour rien !

© Photo Patrick Tourneboeuf/Oppic/Tendance Floue

© Photo Patrick Tourneboeuf/Oppic/Tendance Floue

En plus de rénover les parquets du XVIIIème, les huisseries des fenêtres et les boiseries, emblèmes du décor baroque de l’hôtel, grâce notamment au mécénat de la Fondation Ville et Patrimoine, les dégagements des surpeints ont permis de retrouver toute la richesse du décor de l’hôtel particulier mais également, par le biais de sondages archéologiques, les gammes de couleurs des couches anciennes des peintures.

Un véritable travail de création a été mené en collaboration avec Farrow & Ball, artisan de peinture et de papier peint, afin de créer pour cette rénovation une nouvelle couleur nommée « Biron Gray », en harmonie avec le marbre des statues mais correspondant également aux anciennes couleurs des murs de l’édifice.

On ne peut que saluer ce travail effectué sur les couleurs des salles, qui viennent souligner en douceur les œuvres de l’artiste et la délicatesse du marbre et des sujets.

Une liberté du regard

Par ailleurs, un nouveau mobilier a été conçu pour cette restauration. Contemporain, épuré et discret, accompagné parfois de magnifiques et émouvantes sellettes de l’atelier de l’artiste, ce mobilier met les œuvres en valeur tout en laissant au regard du visiteur la possibilité de se perdre lors de sa contemplation et s’accorde parfaitement avec les parquets et boiseries des salles.

Les vitrines quant à elles ne sont pas en reste puisqu’elles ont été conçues pour être les plus discrètes possibles, sans structure métallique et avec une meilleure qualité de verre.

Une toute nouvelle muséographie 

Un point d’honneur a été mis sur la muséographie et le lien historique entre la collection et l’hôtel Biron ; cette restauration se devait d’être un déploiement de l’œuvre de Rodin et offrir un nouveau regard sur son travail. Ainsi, des œuvres ont été sorties des réserves du musée Rodin de Meudon, et de l’hôtel Biron, dans le but de présenter au public les plâtres originaux mais aussi quelques sculptures inédites.

Le rez-de chaussée présente le travail de Maître de manière chronologique, chaque salle possède une dominante et se veut « désordonnée », afin d’offrir une variation de rythme qui rappelle l’esprit d’une demeure privée, tout en offrant une perspective, en décalé, entre chaque salle. Certains espaces comme la salle 8, nommée « Rodin à l’hôtel Biron », ont été reconstitués à l’aide de photographies d’époque et permettent d’évoquer la présence de Rodin.

L’étage est consacré à la part intime de l’artiste : ses relations avec d’autres sculpteurs comme Camille Claudel ou Eugène Carrière, ou avec des peintres comme Monet ou Van Gogh, ou nous révèlent sa passion et l’influence des oeuvres antiques sur son travail.

Ainsi, la visite se fait de manière fluide dans un circuit en boucle et surtout accessible aux personnes à mobilité réduite : le musée Rodin se veut désormais accessible à tous.

© Photo Jérôme Manoukian. Courtesy Agence Photographique du Musée Rodin

© Photo Jérôme Manoukian. Courtesy Agence Photographique du Musée Rodin

En ce qui nous concerne, nous avons eu un véritable coup de cœur pour la salle dédiée à la collection d’œuvres antiques de Rodin (salle 17) où 123 pièces ont été sorties des réserves pour être confrontées au splendide Homme qui marche. La fragmentation du corps en mouvement renvoie aux fragments d’antiques… un délice pour les yeux.

On ne peut que souligner le travail muséographique effectué, renforcé par un éclairage qui, par un système de LED, s’adapte automatiquement à la lumière naturelle, afin d’offrir un éclairage optimal des œuvres et de leurs volumes en toutes circonstances.

Un éloge fait à la sculpture et au travail de l’artiste

© Photo Jérôme Manoukian. Courtesy Agence Photographique du Musée Rodin

© Photo Jérôme Manoukian. Courtesy Agence Photographique du Musée Rodin

Le choix des œuvres n’a pas, non plus, été laissé au hasard. Une place importante a été donnée aux travaux préparatoires de Rodin et à ses expérimentations par le plâtre, les maquettes ou terres cuites.

On se retrouve plongé au coeur de ses sculptures et, pour tout dire, c’est fort appréciable. Le visiteur n’est en rien submergé par des textes ou cartels trop longs à lire à chaque salle, puisque la direction du musée a fait le choix de laisser la place à la contemplation des oeuvres, du jeu avec la matière et des formes. Une vidéo (la seule) à l’entrée du musée, permet au visiteur de (re)découvrir la technique de la fonte d’un bronze et de la taille du marbre.

La sculpture de Rodin se donne à voir et se trouve, bel et bien, au centre de ce musée pour notre plus grand plaisir.

© Photo Jérôme Manoukian. Courtesy Agence Photographique du Musée Rodin

© Photo Jérôme Manoukian. Courtesy Agence Photographique du Musée Rodin

Par ailleurs, de nombreuses œuvres ont été restaurées : des sculptures, des plâtres et des peintures sont passés entre les mains des restaurateurs. Un important travail de nettoyage a été mené notamment sur « Le Baiser », marbre emblématique du sculpteur.

Enfin, une nouvelle salle a été créée au premier étage, la galerie des arts graphiques, qui permet de présenter le fond extrêmement riche de dessins, gravures, photographies souvent méconnues, à travers des expositions thématiques. Ces dernières nous éclairent sur l’esthétique, et le travail en amont du sculpteur. Pour l’ouverture, le musée a fait le choix de présenter les dernières acquisitions d’œuvres graphiques faites entre 2006 et 2015.

Bref, vous l’aurez compris, la rénovation du musée, à l’ambiance romantique et chaleureuse, est une réussite.  On s’y sent bien, on tourne aisément autour des œuvres et on se laisse complètement charmer par les bustes, fragments, portraits, réalisés par l’artiste.

Le musée a par ailleurs, décidé de mener une politique tarifaire accessible à tous avec un billet unique à 10 euros, donnant accès au jardin de sculptures, à l’hôtel Biron, et à la salle d’exposition temporaire. Pour le prix d’un cocktail, ça ne se loupe pas !

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