Un champ de coquelicots à Londres pour rendre hommage aux disparus de 14-18

Les coquelicots, ces fleurs délicates aux pétales rouges qui se fanent aussitôt cueillies, sont devenues avec le temps le symbole des soldats morts au combat. Elles sont nombreuses à avoir recouvert les anciens champs de bataille au fil du temps. Plusieurs artistes les ont représentées, à commencer par le peintre allemand Hansel Kiefer, qui réalisa en 2000 la toile “Waterloo Waterloo morne plaine“. On y voit des fleurs colorées envahir un terrain terne que l’on identifie comme un ancien champ de bataille. Pas étonnant, donc, que les coquelicots soient l’objet d’une mise en scène du céramiste Paul Cummins, et du scénographe Tom Piper à l’approche du 11 novembre.

Avant d’en découvrir plus à ce sujet, faisons un point historique. Le 11 novembre est un jour férié, mais trop souvent les gens oublient l’histoire qui se cache derrière cette date. Le 11 novembre 1918, la signature de l’armistice met un terme à la Première Guerre mondiale commencée quatre ans plus tôt. C’est dans la clairière de Rethondes (dans la forêt de Compiègne au nord de Paris), à bord d’un wagon-restaurant, que les généraux allemands et les alliés signèrent le document annonçant la fin des combats. L’armistice marque la défaite de l’Allemagne et le retour provisoire de la paix en Europe.

La Première Guerre mondiale a fait plus de huit millions de morts, d’invalides et de mutilés. C’est en souvenir de cette tragédie que Paul Cummins a imaginé son œuvre “Blood Swept Lands and Seas of Red“, soit en français “Le sang inonda de rouge les terres et les mers“. Dans les douves de la tour de Londres, prend place cette gigantesque installation éphémère composée de plus de 880 000 coquelicots en céramique, chacun représentant un Britannique tombé au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Véritable marée rouge qui rappelle la couleur du sang des blessés et des morts disparus au combat, cette œuvre a suscité l’intérêt de nombreux londoniens et touristes depuis le début de son installation. On estime à quatre millions le nombre de visiteurs qui sont allés découvrir l’œuvre pleine de patriotisme et de mélancolie qui encercle la tour de Londres. De nombreuses personnalités se sont rendues sur place pour s’y recueillir, à commencer par la reine Elizabeth II le 16 octobre dernier.

L’œuvre a été conçue comme éphémère, bien que de nombreuses voix se soient élevées pour permettre au projet de perdurer dans le temps tant son symbole est fort. L’artiste a refusé de revenir sur sa décision de démanteler petit à petit son œuvre à partir des prochaines semaines. Le caractère éphémère de son champ de coquelicots doit rappeler le même caractère éphémère de la vie du soldat sur le champ de bataille. La durée limitée de son projet a donc une fonction symbolique qui ne peut lui être enlevée.

A partir de mercredi 12 novembre, les coquelicots en céramique, qui font l’attraction de la capitale britannique, seront progressivement retirés des douves pour être envoyés aux personnes qui les ont achetés. Cette démarche intervient dans une logique caritative puisque les fonds obtenus grâce à la vente de ceux-ci, 25 livres à l’unité, ont été reversés auprès de six organismes venant en aide aux anciens combattants et à leur famille. Une manière de rappeler que la guerre a bouleversé de nombreuses vies et que celles-ci ne doivent pas être oubliées, elles non plus.

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