Un membre permanent de la famille – Russell Banks (2015)

Le titre ne me plaît pas. Il promet l’histoire d’un enfant, ou d’un animal, qui entre dans un nouveau foyer. Il est mal aimé à son arrivée, événement tragique, pathos, violoncelles et conclusion joyeuse, chantons dans le pré main dans la main. Mais je me trompe souvent, attendons de voir.

Un membre permanent de la famille vient de sortir en France deux ans après sa publication américaine, et se classe parmi les livres les plus lus dans l’hexagone en ce début d’année.

Russell Banks nous offre douze nouvelles, des fragments de la vie d’individus totalement différents. La seule chose qu’ils ont en commun c’est d’être en marge, soit par ce qu’ils sont trop vieux, ou divorcés, seuls ou sans le sou. Le lecteur est invité à suivre la vie d’une personne sur un temps très court, quelques heures ou quelques jours. Voire quelques minutes.

Encore un livre sur les gens, et moi ça me plaît. D’autant plus que ce sont des gens un peu cassés. Toutefois, pas question de les plaindre : ils ont des problèmes, voyons comment ils les gèrent. L’auteur laisse vivre ses créatures et pioche, au hasard, des morceaux de leur existence. On peut passer d’un braquage de banque, à un type avec un perroquet sur l’épaule en train de faire des courses. Russell Banks écrit très justement que toutes nos relations (à soi, au monde ou aux autres) sont intéressantes, et révèlent quelque chose de ce que nous sommes, de qui nous sommes.

Je ne peux pas faire quinze pages sur ce livre parce que sa simplicité ne le permet pas. C’est dans la simplicité que les mots deviennent poétiques à mon sens. Et analyser de la poésie est un crime effroyable (à mon humble avis). Je préfère donc vous laisser lire Un membre permanent de la famille.

Non, décidément, ce titre ne va pas du tout.

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