Un Picasso vendu pour 67,45 millions de dollars à New York

©Estate of Pablo Picasso / Artists Rights Society (ARS), New York

©Estate of Pablo Picasso / Artists Rights Society (ARS), New York

Une toile de Picasso comportant deux faces a été vendue pour 67,45 millions de dollars lors d’une vente aux enchères à Sotheby’s.

67,45 millions de dollars. La somme donne le vertige. On espère tous avoir un jour cette somme dans son compte en banque. Pouvoir quitter son travail, s’installer sur une île déserte (ou dans un grand manoir) et passer le reste de sa vie à ne rien faire. Pourtant, un mystérieux acheteur a préféré dépenser cette somme astronomique pour acquérir une œuvre d’art. Chacun son truc.

Une toile dotée d’une forte charge érotique

Il est vrai que la toile est précieuse. Sur un fond bleu et blanc, agrémenté de décorations colorées sur la partie haute du tableau, une jeune femme nue se tient debout face au spectateur. Elle ne porte sur elle qu’un collier et une fleur rouge dans ses cheveux. Elle exhibe ses courbes généreuses sans honte, dans une position légèrement avachie qui laisse supposer qu’elle y est habituée. Elle se prénomme La Gommeuse. C’est une toile rare qui correspond à la période bleue de Picasso. Le peintre a réalisé ce portrait en 1901, à tout juste 19 ans. Jusqu’à présent, elle était détenue par un riche milliardaire américain du nom de Bill Koch. Mais ce dernier a fait il y a quelques années une découverte qui a changé sa perception de l’œuvre d’art.

La face cachée de La Gommeuse

En 2000, alors qu’il effectue des travaux de restauration, le détenteur de la toile fait une découverte peu ordinaire : l’œuvre de Picasso comporte une seconde face jusque-là inconnue, peinte elle aussi. Sur cette face cachée, on peut voir un lutin jaune, nu et coiffé d’un turban rouge et blanc. Il est présenté la tête à l’envers dans une position comique propice au rire. Il s’agit en fait d’un ami de Picasso, que l’artiste a choisi de peindre de cette manière, sûrement pour en faire une plaisanterie ou pour lui rendre hommage. Bill Koch n’en revient pas. Voilà près de quinze ans que cette toile est en sa possession, et il n’en a jamais rien su. Il décide de confier la toile à des experts pour la faire estimer à sa juste valeur : 60 millions de dollars. Autant dire qu’il n’hésitera pas longtemps à la mettre aux enchères. Il récolte ainsi une jolie somme pour une toile acquise en 1984 pour « seulement » 3 millions de dollars.

Une vente aux enchères record

Jeudi 5 novembre, à l’occasion d’une vente aux enchères organisée par la maison Sotheby’s à New York, cette toile étonnante a trouvé preneur pour 67,45 millions de dollars. L’identité de l’acheteur reste inconnue, on ne peut qu’espérer qu’il saura mettre en valeur sa nouvelle acquisition comme il se doit dans son grand loft new-yorkais (ou sa villa australienne, ou son château écossais). Au cours de la même soirée, une étude à l’huile des nymphéas de Monet s’est vendue 33,85 millions de dollars et un Van Gogh montrant un ciel tumultueux au-dessus des champs, dans la région d’Arles, a été achetée 54 millions de dollars. Une vente aux enchères fructueuse comme il s’en organise régulièrement à travers le monde, mais qui vient tout de même nous rappeler en comparaison l’insignifiance du contenu de notre porte monnaie.

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