Une brève histoire de la danse hip hop à la Manufacture 111

B.Boying, locking, boogaloo, housedance… Si ces styles de danse majeurs vous parlent tout autant que la culture hip hop dans laquelle ils ont émergé, alors welcome to the Street Dance exhibition. Au programme : une immersion totale au cœur d’un milieu très hype.

La street dance est mise à l’honneur à la Manufacture 111. Du 4 mars au 8 mai 2016, elle propose de partir à la (re)découverte de la danse et de la culture hip hop des années 60/70 à nos jours. Des quartiers américains en passant par la France, Street Dance c’est l’histoire « d’une fleur qui a poussé dans le bitume » au point de définitivement faire partie du paysage.

Une exposition rythmée

Sous la direction de Nasty, Street Dance a été pensée comme un écho au temps en danse et se décompose en six mesures. Ainsi, avec un fond musical, le visiteur a l’impression de suivre le rythme qu’on lui impose. De simple visiteur il en deviendrait presque danseur. Le lieu, brut de décoffrage, avec ses grandes vitres et son puit de lumière, ajoute un sentiment étrange : celui d’être une vedette mise sur le devant de la scène.

Chaque temps de l’exposition est une immersion dans un univers bien spécifique : on passe d’une dimension historique aux années 2000 en traversant les années 60/70, 80 et 90. Un vrai voyage dans le temps s’opère, que ce soit aux Etats-Unis ou en France où la culture hip hop et la street dance ont littéralement pris racine.

Le plus de l’exposition réside sans conteste dans son dynamisme et sa diversité artistique : textes, fresques, photographies, peintures et installations vidéos nous en mettent plein la vue et plein les oreilles.

L’artiste Claire Courdavault présente par exemple un arbre généalogique retraçant la genèse des artistes ayant fait bouger les foules (et oui la danse n’est rien sans la musique), les photographes Martha Cooper, Nika Kramer et Little Shao capturent le mouvement et Yann Bret Baileux ainsi qu’Amélie Bernar nous mettent dans l’ambiance des anciens shows de danse ou encore des battles grâce à leur installation.

Un peu d’histoire

Le début de l’exposition commence par une remise en contexte de l’émergence de la culture hip hop et donc de la street dance en partant du commerce triangulaire, des esclaves et notamment des house niggers qui ont contribué à son émergence des décennies plus tard.

La visite se poursuit avec l’entrée dans les années 60/70 marquées par un contexte politique et social sous tension. La culture hip hop devient alors une référence pour les jeunes en manque de repères et de modèles, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives artistiques.

Troisième temps de l’exposition : les années 80. C’est la maturité de la culture hip hop qui devient une force commerciale : elle passe de l’underground au mainstream. En France elle éclot sous Mitterrand tandis qu’aux USA on applaudit Michael Jackson, Prince, NYC-Breakers…

Dis ans plus tard, dans les années 1990, la culture hip hop atteint son golden age. C’est le développement des crews (groupe de danse) et d’un style vestimentaire. Autrement dit l’affirmation des identités et des idées en France comme aux Etats-Unis.

Passé les 90’s, on se retrouve projeté dans les années 2000, années où la culture hip hop est définitivement installée dans le paysage. Battle de danses et concours sont de plus en plus organisés et un certain nombre de danseurs imposent leur style à commencer par Les Twins, B-Boy Junior, B-Boy Lilou, Meech, Yugson Hawks etc… Sans oublier enfin les We B* Girlz, qui peinent à se faire une place dans cet univers majoritairement masculin.

Pourquoi y aller ?

Pour passer un bon moment certes, mais surtout pour découvrir un lieu atypique plein de charme, en apprendre plus cette culture hip hop née il y a quarante ans qui a encore du mal à échapper à sa désignation populiste, et enfin car Street Dance est au cœur d’une programmation riche et variée (débats, projections, danses, battles, block parties, ateliers,…). On dit oui, oui, oui !

Pour en savoir plus, rendez-vous ici !

Informations pratiques
« Une brève histoire de la danse Hip-Hop »
Manufacture 111, 19 bd Davout- 75020 Paris

4 mars – 8 mai 2016
Du mardi au samedi : 13H – 20H
Nocturne jeudi (22H)
Dimanche : 12H – 19H
8€ / 6€* (Audioguide : 2€)

Crédit photo : Elodie Schwartz

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