Vers une chute des maisons anglaises ?

Ce sont des rocs, des caps, des péninsules du marché de l’art. Et pourtant Sotheby’s et Christie’s  enregistrent une baisse considérable de leur chiffre d’affaires pour leurs ventes respectives d’art contemporain.

Alors oui, aux yeux des profanes les résultats affichés ressemblent plus aux salaires de Messi et Neymar réunis, mais pour les spécialistes, ils ne sont plus aussi impressionnants que ceux de l’année dernière. Presque 90 millions d’euros pour Sotheby’s pour sa vente du soir du 10 février dernier, et 74,6 millions d’euros pour sa concurrente Christie’s le lendemain soir. Une chute de respectivement 43 et 50%  par rapport à février 2015.

Quelles pourraient être les raisons de ce ralentissement qui s’apparente presque à une chute ? Les explications sont multiples mais voici les principales : des Bourses mondiales toujours très fragiles avec une crise monétaire en Asie, un plafond devenu presque infranchissable pour les prix de l’art moderne et contemporain ( 179 millions pour les « Femmes d’Alger » version O de Picasso, 170 millions pour le « Nu couché » de Modigliani et 141 millions pour « L’homme au doigt » de Giacometti), et surtout les garanties de ventes exorbitantes promises par les maisons de vente aux vendeurs (voir le cas de la collection Taubman chez Sotheby’s)…De plus, avec l’ouverture à la vente de « gré à gré » par les maisons de ventes aux enchères, de nombreux vendeurs préfèrent désormais passer par cette alternative pour conclure des accords plus discrets, en dehors de la couverture médiatique, que peuvent susciter certaines ventes.

Même s’il est encore trop tôt pour annoncer un changement de cap drastique du marché de l’art contemporain, les grandes maisons de ventes continuent de maintenir leurs ventes, en baissant parfois leurs nombres de lots par session, afin d’être certaines d’avoir un taux de ravalement des oeuvres plus réduit, affichant une vigilance, non dissimulée sur les possibles variations du marché de l’art.

Crédits et sources photographiques : Blouin Art Info/ Les Échos/Christie’s/Sotheby’s

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