Vice caché (Inherent Vice) – Thomas Pynchon (2010)

Malgré une bande annonce très efficace, le film Inherent Vice de Paul Anderson est paraît-il assez décevant. Il serait trop long et trop embrouillé pour plaire aux spectateurs. Je ne l’ai pas encore vu, mais je suis sûre que je vais assister à une très TRES bonne adaptation, puisque voyez-vous, le livre aussi est bien trop long et complètement embrouillé !

L’auteur, Thomas Pynchon est connu pour écrire des romans tellement perchés qu’ils en deviennent inadaptables. Et celui dont je vous parle aujourd’hui, ne fait pas DU TOUT exception. Inherent Vice, ou Vice caché en français, est un livre assez difficilement classable. Si je devais absolument choisir un genre ce serait policier, ou du moins quelque chose qui implique une enquête. Enfin, ce n’est pas très important étant donné que l’histoire n’a aucune importance ! Elle fait partie du décor du monde aux spirales colorées de Marie-Jeanne, la douce herbe héroïne de la série Weeds.

La pseudo-enquête commence avec l’ex du Doc, un détective privé, le héros très mou de l’histoire, qui débarque chez lui pour lui demander de l’aide. Elle pense que la femme de son amant monte un coup contre lui, pour l’envoyer dans un asile de fous et récupérer tout son pécule. Une histoire de base assez simple en apparence. Mais il y a en fait un nombre incroyable de personnes impliquées dans cette affaire qui part dans tous les sens. Ça se passe dans les années 1970 à Los Angeles, époque à laquelle une fumée constante, aux odeurs particulières, s’est installée sur la ville. Tous les personnages sont à moitié fous, ou tout le temps défoncés. Leurs propos sont pour le moins colorés, et conduisent à des digressions qui nous emmènent bien loin de l’enquête.

Il y a des moments où on oublie carrément de quoi il est question. On zappe des noms, et comme aucun personnage n’est foncièrement sympathique, ben… on commence à s’ennuyer un peu. Mais ce n’est même pas le plus difficile. Ce qu’il faut subir à travers le livre, c’est ce style si particulier qui ressemble à un trip de 380 pages. L’auteur s’efforce de coller, autant que possible, avec ses personnages, et se lance joyeusement dans une écriture hypnotique, qui a pour but ultime de te donner le tournis. Le style est oral au possible, et je dirai presque volontairement mauvais. Et ça n’a rien à voir avec la traduction française : étant tellement étonnée du style, je suis allée voir du côté de l’anglais, et c’est aussi étrange, bizarre ! Les phrases peuvent faire une page, ponctuées de quelques virgules. Et les mots sortent parfois de nulle part, et s’assurent ainsi de bien détruire toute possibilité de cohérence. Alors oui, ça marche de concert avec la nonchalance et l’addiction des personnages, mais j’étais prête à décrocher plus d’une fois !

C’est vraiment beaucoup, beaucoup, trop long. On aurait largement pu enlever un cinquantaine de pages. Je ne vois pas où part l’intrigue, je ne comprends pas ces personnages, je ne trouve pas ça particulièrement intéressant ou original. C’est juste lent et pénible. Même le Doc, qui pourtant avait un bon potentiel de looser attachant, est décevant et devient lourd lui aussi.

 

 

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