Vol de démon et retour au Moyen-Âge : bienvenue en Russie

Il semblerait que, jeudi soir dernier, un groupe de militants orthodoxe de Saint Petersbourg ait eu la brillante idée de dégrader un bas-relief, datant du début du XXème siècle sur le fronton d’un bâtiment classé. La sculpture abîmée représentait la figure de Méphistophélès, un des sept princes de l’Enfer si bien décrit par Goethe et son Faust.

Tout a commencé quand des militants d’extrême droite ont revendiqué la dégradation du bas-relief car il représentait « le culte de Satan ». Rien que ça. Mais le meilleur reste à venir avec leur lettre publiée par l’organe de presse Fontana : « Nous étions indignés que cette horrible légende soit utilisée comme piège à touristes, au point de devenir une sorte de fierté, comme un dévotion non dissimulée de Satan », d’après les Cosaques de Saint Petersbourg, leur doux nom. La police de la ville a donc décidé d’ouvrir une enquête pour dégradation et vol sur un bâtiment classé, et de s’intéresser un peu plus à ces Cosaques.

Pourtant ce weekend nouveau rebondissement, la police a reçu un démenti de la part des Cosaques, affirmant qu’aucun de leurs membres n’avait participé aux actions de jeudi… Notons que ce groupe avait revendiqué en 2013 la dégradation de la maison familiale de l’écrivain Vladimir Nabokov. Depuis la découverte de la « destruction » en milieu de semaine, les autorités russes n’ont pu mettre la main que sur de petits fragments du bas-relief. Dans ce pays, où la liberté d’expression et de culte n’est pas la plus élevée du monde, il serait utile de rappeler que depuis quelques années des activistes perturbent régulièrement les expositions artistiques jugées en contradiction avec un certain dogme religieux, il serait donc dommage que la Russie s’enferme à nouveau dans une ère aux relents moyenâgeux…

Sources et crédits photographiques : CTV News/Dmitry Strots/7 sur 7 Belgique.

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