White god

Kornel Mundruczó propose un film excessivement original mais pas génial. En résumé, avec le maximum d’objectivité et sans ironie, l’histoire raconte la vengeance d’un chien rebelle patron d’une bande organisée et composée d’une centaine de chiens. Il s’agit essentiellement, de bâtards qui n’apprécient guère les maltraitances et le mépris des hommes à leur égard. Le héros du film, Hagen, est abandonné comme les autres par sa famille d’adoption, malgré l’insistance de sa maitresse Lili, jeune fille déterminée à le récupérer. En effet, une taxe trop élevée pousse les habitants de Budapest à se débarrasser de leur chien afin d’éviter cet impôt. Hagen ne reste pas isolé trop longtemps, et trouve refuge auprès d’un autre petit bâtard solidaire. Il mûrit et s’endurcit au contact de personnes mal intentionnées. Hagen souffre, à tel point que la seule issue possible sera la révolte. Tout l’enjeu du film repose sur les épaules de Lili, qui sera l’unique porte de sortie pour le chien et sa bande. Mais heureusement, la petite fille garde toujours sur elle sa trompette magique.

L’histoire ressemble un peu à un conte de Noël, ou un Disney classique. Pourtant, White God ne semble pas être à destination des petits. Le film est parfois très violent, Hagen le chien n’est pas un tendre. Il ne suffit pas de pousser le méchant avec ses gentilles papates pour le faire choir. Hagen n’est pas « Lassie », ni « Rex le chien » et encore moins Beethoven (film majeur des années 90 lorsque tu étais en CM1). En cela, le film est original car il mélange, plus ou moins, les genres, peut être involontairement. Le réalisateur risque de perdre parfois le spectateur, qui sourit devant La Belle et le Clochard (la bande de toutous malicieux), et s’inquiète face à La Planète des Singes (la rébellion animale), ou s’effraie en mode White Dog de Samuel Fuller (un chien dressé pour tuer les personnes afro-américaines, hommage au film étant donné son titre quasi similaire).

Rien d’inintéressant à vouloir mixer toutes ces ambiances distinctes, malgré tout je n’ai pu éviter un sourire ironique, qui s’accentue au fur et à mesure que le film avance. Il est difficile de prendre cette trompette au sérieux dans un ensemble aussi naïf et légèrement sentimentaliste (la trompette de Lili circule comme une constante fidèle qui ne bouge pas et rassure). Le problème, c’est que le réalisateur semble sérieux. Il parle de métaphore sociale et de domination d’une classe sur une autre, pourquoi pas ! Pourtant, le propos n’est pas suffisant et l’ensemble reste dans l’idée proche d’un Carpenter (lieu urbain hostile, minorités pourchassées) mais sans réellement nous faire peur. White God déstabilise tout du long, c’est comme de couper Rollin/Scratchin des Daft Punk en plein milieu pour vous coller un Bilie Holliday et finir sur Rock the Casbah des Clash. Indépendamment, ces artistes sont excellents, quant à les coller serrer en quatre minutes c’est une autre affaire. La mise en scène est certes bien foutue mais sans coup d’éclat. Mise à part la scène d’introduction saisissante où jamais des hordes de chiens n’avaient été filmées de cette façon.

Original c’est évident, le film surprend car le meilleur ami de l’homme se transforme en guerrier libérateur et idéologue canin. La fin surprend moins, et on retrouve le comte de Noël et sa trompette magique, c’est pourtant dans le dernier acte que le réalisateur aurait dû amplifier l’horreur avec grandiloquence et retourner définitivement le cours des choses. Finalement, retour en arrière, les chiens se couchent et nous avec.

Crédits photo

Les commentaires sont fermés.