X-Men: Apocalypse (2016) de Bryan Singer

★★★☆☆

Nous sommes en Mai 2016. Oui, Oui, c’est bien ça. Pourquoi ce rappel ? Parce que c’est déjà le quatrième film de superhéros de l’année, alors que l’été n’est même pas encore arrivé ! Mais bon, modérons nos propos car si on regarde avec attention, le cheminement est finalement assez logique. 

2016, c’est la grande année des confrontations entre studios de productions. Rappelons que de nos jours, trois pôles se distinguent : le Marvel Universe ou MCU de Disney, le DC Universe ou DCEU de Warner, et le X-Men Universe de la Fox. 

En 5 mois, chacun d’entre eux a apporté sa pierre à l’édifice géant qu’est le box-office mondial. La Fox avait frappé très fort avec Deadpool, tandis que DC et Marvel ont joué la carte de l’affrontement entre valeurs confirmées via Batman V Superman, et Captain America Civil War (nous ne reviendrons pas là-dessus sachant que chacun de ces films ont fait l’objet d’une critique de notre part). Un enchaînement qui nous amène à X-Men : Apocalypse… 

Avec cette franchise historique, la Fox ferme son chapitre super héroïque de 2016, mais avec le recul, on peut se questionner sur la profondeur des changements, mise en place par le studio…

Rapidement voici le résumé. L’intrigue prend place dans les années 80. Le professeur Xavier (James McAvoy), dirige son école pour mutants, tout en gardant espoir d’une cohabitation pacifique entre ces derniers et les êtres humains. De son côté, Mystique (Jennifer Lawrence), est une mercenaire sauvant ses confrères en danger. La routine est donc solidement installée. Néanmoins, un bouleversement arrive lorsque le tout puissant Apocalypse se réveille d’un long sommeil. Le « premier mutant de l’histoire » fait son retour avec un objectif simple, régner sur le monde. Face à cette menace, Xavier et Mystique reforme leur vieille alliance, mais est-ce que cela suffira face à Apocalypse et ses 4 cavaliers, dont fait partie Magnéto (Michael Fassbender)…

D’entrée, ce troisième volet de la seconde trilogie X-Men s’annonce comme très ambitieux. Tout d’abord, le film a le mérite de sortir à un moment où la concurrence, en termes de blockbuster, est rare. En effet, le festival de Cannes offre majoritairement des films pour adultes ou publics spécifiques. Mais, au-delà du matérialisme, penchons-nous sur le contenu.

X-Men : Apocalypse est un mélange ingénieux entre nouveau et ancien. Comme pour la première trilogie, la seconde trilogie (débutée en 2011 par X-Men Le commencement) s’est appuyée sur un petit nombre d’acteurs phares, il s’agit bien sûr de James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence. Alors que le volet précédent s’était appliqué à confronter les premières et secondes trilogies, X-Men : Apocalypse est une continuation glorifiant le présent et annonçant le futur de la franchise. Nous en apprenons donc davantage sur les débuts des personnages marquants de l’équipe mutante. Il y a le procédé intéressant qui consiste à injecter de la nouveauté dans un matériel déjà connu. Ainsi, le film facilite l’attachement du spectateur envers les différents personnages présents à l’écran, et il ne tombe pas dans la superficialité.

Cela nous mène à la question du fan service. Alors que X-Men Le commencement ressemblait en tout point à un reboot, le retour de Bryan Singer a confirmé son appartenance à la continuité des films X-Men sortis avant. Une continuité qui a été modifiée suite à l’histoire développée dans X-Men Days of future past. Cela n’a pas empêché X-Men : Apocalypse de nous offrir plusieurs clins d’œil à ses ainés. Ce qui conforte donc l’idée que le futur de la franchise passera forcément par des mécanismes déjà aperçus auparavant… 

Finissons avec la notion de développement. Malgré un pitch qui laisse  penser à un affrontement inéluctable dès son énonciation, Bryan Singer prend le temps nécessaire pour présenter son intrigue. Nous sommes donc témoins de l’évolution des personnages, dans un souci de profondeur dramatique. Il faut donc notifier que, contrairement aux idées reçues, le film n’est pas juste un nid d’actions et d’effets spéciaux, c’est un nid scénaristique précis voulant de la cohérence entre situations et personnages. De ce fait, certains peuvent être déçus du manque de présence de certains mutants, mais globalement l’assemblage est réussi…

X-Men : Apocalypse est un film ambitieux se situant au milieu de ces mots clés : passé, présent et futur. Il pérennise une franchise historique pour le genre super héroïque (c’est Singer himself qui a relancé cette mode en 2000 avec X-Men premier du nom). Il montre que malgré son ancienneté ou son infériorité financière face aux mastodontes de Warner et Disney, la franchise mutante est toujours en vie et elle n’est pas prête à céder. Néanmoins, il y a du négatif…

Souvent le MCU est fustigé pour sa faculté à réduire ses réalisateurs au simple rang d’exécutants. Cela n’a pourtant pas empêché la sortie d’œuvres assez innovantes et personnalisées, telles que Les Gardiens de la Galaxie ou Captain America : Le soldat de l’hiver. A l’opposé, le DCEU est pour l’instant drivé par Zack Snyder. Le style de ce dernier est génial ou détestable, ça dépend des goûts. En tout cas, lorsque l’on regarde avec recul, c’est justement son approche qui est pointée du doigt. Qu’à cela ne tienne, Snyder a au moins le mérite d’apporter une dimension religieuse et mystique à ses œuvres, et ça c’est comprendre un point essentiel des super héros.

On en vient donc à X-Men. Le problème du dernier volet peut résider dans la présence de Singer. Nous ne remettons pas en cause son talent. Il y a un manque de différenciation. Si on visionne les deux derniers volets de la franchise, on aperçoit des ressorts techniques et scénaristiques familiers qui rendent le film monotone et finalement pas super innovant. Peut-être que l’appel à un autre réalisateur est la seule réelle solution, avec par exemple Bryan Singer en producteur (à l’image de Christopher Nolan dans le DCEU).

Le deuxième souci c’est que pour son genre, X-Men : Apocalypse n’apporte pas grand-chose. On retrouve la stratégie d’équipe vue dans Civil War, et le désir de règne du bad guy dans Batman V Superman, en la personne d’Apocalypse. Il y a ainsi tout un questionnement sur la suite du X-Men Universe, quitte à se dire que le véritable avenir se trouve chez Deadpool et la mention Rated-R (interdit aux moins de 17 ans). Est-ce que l’équipe mutante a encore sa place dans le flux héroïque ? La réponse est oui, mais il faudra prendre certaines mesures.

Finissons avec la, désormais, traditionnelle question de la note. Pour nous c’est 3/5 étoiles, en tant que X-men car dans la deuxième trilogie, c’est celui qui apporte moins de fraîcheur. Pour un film de super-héros, c’est la même chose parce que le film mélange le traditionnel et les mutants sans tomber dans une répétition sans fond. Enfin ce serait un 2/5, en tant que film, malgré les performances solides des acteurs, la réalisation Snyder ne se renouvelle pas vraiment, et plusieurs choses sont sans doute à revoir (quelques effets spéciaux notamment). Bien sûr, tout cela est très subjectif et en réalité vous êtes votre propre juge…

Les commentaires sont fermés.