Yue Minjun, L’ombre du fou rire

« La source du rire reste une énigme, elle est enfouie au cœur de la philosophie la plus inaccessible, même l’art ne peut la révéler » Windows Server 2008 Product Key

Ouyang Jianghe

La Fondation Cartier expose des œuvres que Yue Minjun a réalisées au début des années 1990, lorsqu’il s’installe dans un village du Yuamingyuan, près de Pékin. Elles font partie de ses premières toiles, et témoignent d’une recherche et d’une définition progressive du style de cet artiste chinois.
Yue Minjun peint un personnage, toujours le même, qui rit. A travers son autoportrait, il dessine un rire dérangeant et sourd. Rire à gorge déployée, fou rire, sourire, rire jaune. Que se cache-t-il derrière ces faces à rictus ? Le rire ne renvoie peut-être que Visual Studio Product Key rarement à la joie. Le rire est ambigu, c’est une énigme, un masque. Yue Minjun dessine un personnage au rire uniforme, forcé. Ce n’est pas un rire communicateur, mais plutôt un mur. Derrière la rangée de dents, un vide. C’est un rire silencieux, une béance, qui exprime un malaise. Ce rire est d’autant plus perturbant que le tableau tantôt invite le spectateur, tantôt l’exclut. Les personnages ont toujours les yeux fermés, mais certains peuvent nous pointer du doigt sans que l’on sache comment réagir.

On a souvent associé Yue Minjun au réalisme cynique, courant artistique qui se caractérise par un désenchantement face aux mutations sociopolitiques de la Chine. Mais les œuvres de cet artiste sont ouvertes à l’interprétation. En effet, Yue Minjun ne s’exprime jamais sur ses œuvres, il reste très discret. Ses œuvres demeurent donc parfois ambiguës. Les personnages affichent un sourire béant, malgré l’absurdité de la scène. Mais, malgré les apparences, ses toiles ne sont pas forcément l’expression d’une critique de la société. En tout cas, si dénonciation il y a, elle n’est pas explicite et c’est ce qui le fait passer sous les mailles du filet. Yue Minjun n’a jamais été censuré, à la différence d’un Ai Weiwei provocateur. Parfois, il s’agit seulement de « mettre en scène sa propre image et se faire participer à n’importe quelle scène de son choix, prise au hasard dans les cinq siècles passés » selon lui.

Yue Minjun, Execution, 1995

Yue Minjun, Execution, 1995

Yue Minjun joue avec le souvenir du spectateur. Il reprend des chefs-d’œuvre de la peinture occidentale : Execution par exemple est inspiré de La Mort de l’Empereur Maximilien de Mexico de Manet. On remarque qu’il a enlevé les armes dans ce tableau. Cela n’empêche pas la toile d’exprimer une certaine violence. Dans d’autres tableaux, il reprend des chefs-d’œuvre et y supprime les personnages. Il attire ainsi notre regard sur des éléments auxquels on ne prêtait pas attention au départ. Il propose une relecture de tableaux soit disant « connus », pour rire.

Voilà une drôle d’exposition qui s’achève à la Fondation Cartier.

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